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 JESUS DE LA GNOSE ET LES FEMMES

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jean-claude
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Date d'inscription : 14/07/2009
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MessageSujet: JESUS DE LA GNOSE ET LES FEMMES   Jeu 4 Fév - 18:55

L’autre christianisme :
le Jésus de la gnose et les femmes.
par Françoise Gange

Intervention de Françoise Gange au Colloque UNESCO, 18 et 19 septembre 2006




Alors que sont bien connus les quatre évangiles canoniques (Evangiles selon Mathieu, Marc, Luc et Jean) devenus les textes fondateurs de l’Eglise de Rome, à partir du 4e siècle, je voudrais évoquer ici un grand courant du premier christianisme, le courant gnostique (de gnose : vérité), méconnu voire totalement ignoré. Les écrits qui le fondent, retrouvés fortuitement dans le désert d’Egypte, en 1945, près de la petite localité de Nag Hammadi, parmi lesquels l’Evangile selon Thomas, l’Evangile selon Marie, l’Evangile selon Philippe ou encore la Pistis Sophia, l’Hypostase des Archontes, la Sophia de Jésus le Christ, le Dialogue du Sauveur… ont circulé librement jusqu’au 4e siècle, date à laquelle fut mis sur pied dans ses grandes lignes le canon (définitivement fixé en 1546 seulement), qui les écarta comme hérétiques.

Il est important de rappeler que ces deux grands courants, le courant gnostique et le courant judaïsant étayé sur Pierre et mis en oeuvre par Paul, se sont pareillement réclamés issus de l’enseignement de Jésus.
Or le fond de leur enseignement apparait très différent.

D’après les gnostiques, Jésus se définissait non pas comme le fils du Dieu Père, mais comme le “Fils de la Mère/l’Esprit”, se rattachant ainsi à un aspect féminin du divin. Ce groupe pratiquait la relation égalitaire entre ses membres : les femmes étant reconnues comme des disciples à part entière. Ainsi, Marie de Magdala, que l’Evangile selon Philippe présente comme la compagne de Jésus, y était-elle considérée comme le “disciple préféré”, disciple à la vaste intellection, qu’on voit capable dans l’Evangile selon Marie, de prendre la succession de Jésus, après son exécution.
Le courant judéo-chrétien quant à lui, étayé principalement sur Pierre et sur Paul, rattachait Jésus au Dieu Père biblique, faisant disparaître toute notion d’un divin féminin. Courant patriarchal donc, dans l’optique duquel le Père domine la famille, car la femme (mère, épouse, fille) doit être soumise à l’homme. Pour Paul, la femme doit porter un “signe de sujétion” sur la tête et ne peut, en aucun cas, prendre la parole dans les assemblées : son époux étant le médiateur entre le divin et elle, car : “Ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme”. (I.Cor.XI,7-10)

La hiérarchie, et donc l’attitude de soumission, est le fondement de ce courant judéo-chrétien qui est parvenu à effacer le courant gnostique, égalitaire.
Ainsi : « Le chef de tout homme, c’est le Christ, le chef de la femme c’est l’homme, le chef du Christ c’est Dieu » (I Cor.XI,3) La fille passe au cours de sa vie, de la tutelle du père à celle de l’époux. Toute la communauté est soumise à l’autorité de l’évêque et pour la communauté catholique, le pape sera le représentant de Pierre sur terre, détenant l’autorité absolue sur les consciences. Le simple croyant n’étant pas invité à entreprendre la moindre recherche car il doit se considérer comme soumis à son supérieur en toutes choses et se maintenir dans la stricte attitude d’obéissance aux autorités.
D’après Clément, évêque de Rome entre 88 et 97 environ, considéré comme le premier pape « l’évêque gouverne la communauté comme Dieu gouverne dans le ciel » et il énonce cette sentence définitive qui le ferait aujourd’hui taxer d’intégrisme : « Quiconque désobéit aux autorités ordonnées par Dieu, reçoit sentence de mort ». Clément, Ep Romains, 41-3

La notion de recherche intérieure, de quête, était au contraire primordiale pour les gnostiques : chacun étant invité à marcher vers sa lumière intérieure : « Allume la lampe en toi-même ; Frappe à la porte, et on t’ouvrira… » ; « Cherchez et vous trouverez » Ev.Thomas, log 96, trad. J Doresse, ou encore « Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu’à ce qu’il trouve : lorsqu’il trouvera il sera ému ; et lorsqu’il sera ému, il admirera et il régnera sur l’univers » Ev Thomas, log 1, livre cité.
Dans cette perspective, l’égalité entre les membres de la communauté apparaît comme gage d’entente et d’amour, donc garante de paix : « Quiconque établit des distinctions —et il ne vivra pas en accord avec tous puisqu’il divise et qu’il n’est pas un ami— est un ennemi pour tous. », Deuxième Traité du Grand Seth, P 62, 6—10, trad Louis Painchaud.
Les gnostiques s’inscrivant ainsi dans une perspective “mystique”, par opposition à la religion extérieure des évêques (Dieu Tout Puissant dominant la création).

On pense aujourd’hui que ces textes gnostiques retrouvés dans le sable, ont été enfouis à la hâte, peut être par un moine du monastère de Saint Pacôme proche du lieu de la découverte, à l’époque où, par l’édit de Milan (313), l’empereur Constantin qui accordait la liberté de culte dans l’empire, permit au christianisme judaïsant —dont les évêques n’avaient cessé de combattre les gnostiques depuis le 2e siècle, comme le montrent les écrits d’Irénée (évêque de Lyon)— de s’imposer définitivement. A partir de là, fut taxé d’hérétique et condamné à mort, quiconque était trouvé en possession des écrits interdits.

Jusqu’à la découverte en 1945, des manuscrits ensevelis de Nag Hammadi, on ne pouvait connaître les gnostiques qu’au travers des écrits déformés des évêques judaïsants, qui fustigeaient ce qu’ils appelaient le « manque de sérieux » de leurs adversaires. L’œuvre d’Irénée (évêque de Lyon au 2e siècle) en particulier, intitulée Contre les Hérésies, montre bien à quel point les deux branches différaient.
Les gnostiques —qui se considéraient comme libres et égaux, menant ensemble une quête de connaissance et de vérité conforme au message de Jésus tel qu’il apparaît dans les textes retrouvés à Nag Hammadi— pratiquaient le partage des tâches et la rotation des rôles et des responsabilités, ce dont Irénée ou Tertullien, partisans d’une stricte hiérarchie, se gaussaient, ironisant à propos du déroulement de leurs assemblées. On ne sait, se plaignent-ils, qui chez eux est évêque, qui diacre ou qui prendra la parole en prophétisant, car ils tirent leurs rôles au sort, permutant selon les jours et ne permettant aucune identité précise des individus. De plus ajoutent-ils, ils comptent dans leurs rangs un certain nombre de « sottes femmes » qui déambulent aux côtés des hommes, prenant part comme ces derniers aux assemblées et prétendant même enseigner comme eux, « Quelles prostituées font-elles ! ».

Dans les textes retrouvés à Nag Hammadi, Marie de Magdala (Marie-Madeleine) apparaît comme la compagne de Jésus et sa disciple de prédilection. Ce qu’on voit dans l’Évangile selon Marie, dans le texte intitulé Pistis Sophia (la Sagesse et la foi), ou encore dans l’Evangile selon Philippe qui précise que Jésus embrassait souvent Marie sur la bouche et que certains disciples s’en montraient jaloux.
Jésus apparaît, non plus comme cet être asexué qu’on a présenté dans les évangiles canoniques, mais comme un sage qui souhaite rétablir l’Unité, masculin et féminin unis, afin de parvenir à la Totalité : l’Homme parfait, pourvu des deux moitiés inséparables qui le constituent.
Dans la société judaïque de l’époque, la femme n’était pas l’égale de l’homme : les biens par exemple, appartenaient à l’époux, et la femme était l’un des biens de l’époux, qui pouvait la prendre puis la répudier comme bon lui semblait.
Dans l’Evangile selon Thomas, Jésus dit : « Si deux (l’homme et la femme) sont l’un avec l’autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : Déplace-toi, et elle se déplacera. » log 53, livre cité. Il insiste constamment pour dire que l’amour profond dans un couple (amour conçu comme Alliance à la fois sensible et spirituelle) décuple les forces des deux individus qui le composent.
Message révolutionnaire car à l’époque, il n’y avait pas d’Alliance d’amour entre l’homme et la femme, mais un mariage patriarcal dominant-dominé. Seul le plaisir de l’époux était pris en compte. Pour la femme, le plaisir était interdit ou en tout cas jamais mentionné : l’église lui parlait de « devoir conjugal ».

Le couple formé par Jésus et par Marie apparaît donc détonant : il rappelle le monde « païen » antérieur, et plus particulièrement la longue culture de la Déesse qui avait précédé l’apparition des Dieux dans le panthéon. Culture qui pratiquait la hiérogamie ou union sacrée entre le principe masculin et le principe féminin, âprement combattue par l’Eglise.
Entre Jésus et Marie, il y a une relation totale, car les textes de Nag Hammadi et notamment l’Evangile selon Philippe, ou encore la Pistis Sophia, montrent que non seulement ils s’aiment d’amour, mais qu’ils partagent le plus grand : la spiritualité, domaine à la fois de l’intelligence et de la sensibilité.

L’Evangile selon Marie est un texte capital, qui montre qu’après la mort de Jésus, tandis que les disciples sont découragés et craignent d’être poursuivis à leur tour par les autorités du temple, Marie les console et leur redonne des forces pour continuer l’œuvre consistant à répandre la Parole ; elle leur rappelle que Jésus « les a fait Homme », c’est à dire les a réconciliés avec les deux moitiés de l’humain, féminin et masculin.
On voit Pierre lui demander si Jésus, « qui la préférait », ne lui aurait pas délivré un enseignement que les autres ne connaîtraient pas et qu’elle pourrait leur délivrer à son tour. Prenant la place de Jésus, « l’Enseigneur », elle leur fait alors partager un message essentiel, qui déroute les plus misogynes d’entre eux, et tout particulièrement Pierre. Enseignement « secret » qui parle de la remontée de l’Ame féminine du monde, ensevelie par les Archontes, parmi lesquels Ialdabaoth, alias Yahvé. Elle leur enseigne ce qui constitue le centre de tous les écrits retrouvés à Nag Hammadi : le grand Féminin du monde (jadis féminin divin) a été précipité dans l’En-bas, c’est à dire démonisé par Yahvé, et il crie vers les hauteurs pour retrouver sa grandeur d’autrefois. Jésus apparaissant comme celui qui va l’aider à retrouver cette grandeur perdue.

Le texte poursuit en montrant Pierre furieux et jaloux, comme il apparaît souvent ailleurs, dans l’Evangile selon Thomas par exemple, ou encore dans Pistis Sophia, à l’égard de Marie, doutant et se se révoltant à l’idée qu’elle, une femme, ait pu recevoir un enseignement que lui n’aurait pas reçu. Il tente de dresser les autres disciples contre Marie : Jésus lui aurait-il vraiment donné cet enseignement, et eux, les hommes, devraient-ils faire cercle autour d’elle pour l’écouter ?
C’est alors qu’un autre disciple, Lévy, se lève et dit à Pierre : Qui es-tu pour douter, nous savons que Jésus la préférait… Et l’évangile se termine par ces termes très significatifs : « Ils partirent prêcher l’Evangile selon Marie » Ev. Marie ; A Pasquier.
Ce texte montrant donc qu’au lendemain de la crucifixion, Marie prit pendant un laps de temps la tête de la petite communauté des proches disciples.

Une autre différence capitale entre gnostiques et judaïsants, réside dans la définition de l’Esprit, si important puisqu’il est le troisième terme de la Trinité chrétienne, à côté du Père et du Fils.
Alors que pour les judéo-chrétiens, l’Esprit est défini comme l’Esprit de Dieu, Esprit du Dieu Père biblique, pour les gnostiques, l’Esprit représente le divin féminin, la Mère divine éradiquée par la culture patriarcale.
Pour comprendre la portée de cette opposition entre judaïsant et gnostique, il faut replacer le contexte biblique dans la grande histoire.

Avant Yahvé et donc bien avant l’apparition des chrétiens, la notion de divin n’avait pas une connotation purement masculine, bien au contraire, le divin avait été représenté sous un aspect féminin depuis la plus haute antiquité, sous les traits d’une Déesse conçue comme la Grande Mère, créatrice et protectrice des mondes. On lui vouait un culte sous des noms divers selon les zones géographiques concernées : Anat, Au Set, Isis, Inanna, Nut, Ishtar, Attoret, Astarté, Asherah, Attar, Hathor… pour ne citer que les lieux les plus proches du déroulement des actions de la Bible.
L’archéologie conjuguée à l’étude des mythes, nous montrent que cette conception d’un divin féminin fut universelle et qu’elle remonte très haut dans le temps, puisqu’on a retrouvé des statuettes féminines qu’on a appelée des “Vénus”, datant de 25 000 ans, en Dordogne par exemple, Vénus de Galgenberg, de Tursac, de Brassempouy, de Sireuil, mais dont la répartition géographique s’étend en réalité de la Sibérie à l’Europe occidentale.
Toutes les cultures néolithiques témoignent d’un culte du divin féminin.
A Ephèse, à l’époque de Paul encore, les Ephésiens honoraient Artémis, l’Artémis d’Ephèse aux seins multiples qui symbolisaient son statut de Grande Mère, et l’apôtre venu au stade dans l’intention de prêcher au nom du Dieu Père et du Fils, dut rebrousser chemin comme nous l’apprend la lecture des Actes des Apôtres, et s’abstenir de prendre la parole sous la menace grondante de la foule d’Ephèse, que le gouveneur de la ville dut rassurer en ré-affirmant le credo familier : “Grande est l’Artémis d’Ephèse !”

Les textes gnostiques retrouvés à Nag Hammadi, révèlent clairement la volonté de ré-introduire, dans le contexte du divin mâle (le Père et le Fils) qui est celui du christianisme “officiel” c’est à dire judaïsant, la notion du divin féminin antérieur. Nombre d’entre ces textes mettent ainsi en scène la Mère/l’Esprit, ou Sophia qui représente la femme spirituelle, Zoé, la “fille de la grande Sophia”, ou aussi Noréa, la “fille d’Eve”.
L’Hypostase des Archontes met en scène le combat cosmique qui a eu lieu entre Yaldabaoth (Yahvé) qui prétend régenter le Tout, et Zoé, la fille de Sophia, la Mère divine. Le combat se soldant par la victoire du féminin divin et Yaldabaoth “étant précipité dans le Tartare, au fond de l’abîme”.

La conception de la femme et du féminin, de sa place et de son rôle dans la société et dans la spiritualité, totalement différente dans les textes gnostiques et dans les textes canoniques, se révèle ainsi véritablement comme le pivot de la disparité entre les deux conceptions.

Nous remarquerons en guise de conclusion, qu’avec l’inversion des polarités du divin —du féminin divin, époque de la Déesse considérée comme la Mère créatrice et protectrice de l’univers, aux Dieux Pères, tous guerriers s’inscrivant dans une visée de conquêtes— s’est inversé le rôle de la femme et du féminin. Désacralisée, réduite à son corps (épouse et mère ou prostituée), elle est censée dans l’ordre patriarcal, n’avoir plus ni esprit ni âme, elle qui était, 4000 ans auparavant, l’Ame du monde, l’Esprit de justice et de droiture, de bonté et de générosité comme on le voit dans les premiers mythes de Sumer…
Il faut rappeler que c’est la haine de la femme et du féminin qui allumera les bûchers d’une Inquisition avide de purger le monde des « sorcières », l’église ayant organisé, pendant plus de deux siècles, un véritable « sexocide » ainsi que l’a très justement écrit Françoise d’Eaubonne, dans son livre Le sexocide des sorcières.
Les sorcières n’étant souvent que des femmes jeunes, des « miresses » c’est à dire médecins, des herboristes, des accoucheuses, qui continuaient à transmettre la très ancienne connaissance des Plantes guérisseuses.. toutes refusant leur exclusion du monde patriarcal.

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